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 ✣ au firmament tes yeux (tessa)

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❝ and have and do and will

✣ Little books : 86
✣ A emménagé le : 01/04/2017
✣ Ma jolie bouille : jenna coleman
✣ Crédits : (avatar) dulce (sign) wild heart (gifs) itvvictoriadaily (cit) e. brontë

❝ and have and do and will ❞

MessageSujet: ✣ au firmament tes yeux (tessa)   Sam 1 Avr - 18:42

Tessa Kaecy Rosenberg
Trop peu d'un firmament pour des millions d'astres

✰ Nom : Rosenberg, le nom du père, celui qu'on voit sur le fronton de l'usine. Trop romantique pour une fabrique de robots. ✰ Prénom(s) : J'ai été baptisée du prénom de ma mère, Teresa, mais on ne m'a jamais appelée autrement que Tessa, Tess ou Tessy à la rigueur. Kaecy a été choisi par ma marraine. ✰ Date et lieu de naissance : Le 9 avril 503, à Haworth, capitale de Gondal. ✰ Âge : Vingt-six années complètes. ✰ Occupation : Officiellement, comtesse d'Ehle, joueuse sage de piano et lectrice émérite. Officieusement, je collabore sous pseudonyme au Blackwood's Young Men's Magazine. ✰ Habitation : Une jolie maison à Sneaky. ✰ Statut : Célibatairement très heureuse d'avoir réussi à échapper à toutes les intentions maritales de mon père. ✰ Situation financière : Assez aisée. ✰ Famille : Un père et un frère aîné toujours de ce monde. ✰ Caractère : pétillante + têtue + passionnée + fantasque + curieuse + imprévisible + inventive + rancunière + intrépide + exubérante.
✰ Avatar : Jenna Coleman Pitit coeur  ✰ Crédits : (avatar) Majestic Rose (gifs) itvvictoriadaily.tumblr.com (citations) L. Aragon.

✰ Quel a été l'impact de votre vie familiale sur la personne que vous êtes devenue ?
❏ J'ai du grandir très vite et prendre mon indépendance.
❏ J'ai suivi la voie que mes parents me destinaient.
✔️︎ Je me suis toujours senti(e) incompris(e).
❏ Je suis issu(e) d'une famille nombreuse, ça n'a pas toujours été facile mais nous sommes restés unis.
❏ Je suis allé(e) de l'avant et aujourd'hui ma famille est fière de moi.
❏ L'histoire de ma famille m'inspire pour me construire un meilleur avenir.

✰ Quelle éducation avez-vous reçue ?
❏ Je sais lire et écrire mais guère plus, l'école ne met pas du pain sur la table.
❏ J'ai reçu la meilleure éducation possible et continué mes études jusqu'à très tard.
❏ Autodidacte, j'ai dû apprendre par mes propres moyens.
❏ Je suis plus manuel(le) qu'intellectuel(le), l'école ne m'a pas apporté grand chose.
❏ Je n'ai jamais cessé d'apprendre, la connaissance est la clef de la réussite.
✔️︎ Mes étude m'ont donné le goût de l'observation, j'aime faire mes propres expériences et analyser chaque situation.

✰ Quel est votre style vestimentaire ?
❏ Je n'ai pas les moyens de changer de chaussures tout les quatre matins.
❏ Toujours très soigné(e), je pense que l'apparence est primordiale.
❏ Original(e), j'aime me démarquer.
❏ Toujours très simple, je ne suis pas quelqu'un sur lequel on se retourne, de toute manière.
❏ "Je me contente du meilleur..."
✔️︎ Pratique et confortable avant tout, les histoires de chiffons ne m'intéresse pas.

✰ Quel est votre hobby ?
❏ Entre mon métier et mon foyer, je n'ai pas trop le temps de me divertir.
❏ Je suis infatigable, j'aime être toujours en mouvement et pratique plusieurs sports.
❏ Les voyages forment la jeunesse j'aime aller d'une île a une autre.
❏ Je suis quelqu'un de très créatif : bricoler, cuisiner, coudre, on dit que j'ai des doigts de fées.
❏ De dîners en galas, je n'ai jamais le temps de m'ennuyer.
✔️︎ Je suis quelqu'un de logique, j'ai besoin de réfléchir.

✰ Si vous gagniez 3 000 Ellis qu'en feriez-vous ?
❏ Je sauterai sur l'occasion et en profiterai un maximum.
❏ Seulement ? Que ferai-je de si peu ?
❏ Je m'en servirai pour des causes qui me sont chères.
❏ Cet argent pourrait changer nos vies.
✔️︎ Je fuirais très loin pour vivre enfin la vie dont je rêve.
❏ J'agrandirai mon entreprise.

✰ Prénom & Pseudo : Élissan, Leina. ✰ Âge : Il change bientôt  Why? . ✰ Comment as-tu connu le forum ? :  Héhé  Drôle  ✰ Ce que tu en penses ? : Ce ne serait pas objectif. ✰ Des idées, critiques, commentaires pour l'améliorer ? : Sans doute beaucoup trop.
✰ Personnage inventé ou scénario : Inventé.

Code:
<span class="pris">✣</span> JENNA COLEMAN — [url=http://glasstown.forumactif.com/u2]tessa rosenberg[/url].


i have to remind myself to breathe - almost to remind my heart to beat!
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MessageSujet: Re: ✣ au firmament tes yeux (tessa)   Sam 1 Avr - 18:49

Hundred stars
Il advint qu'un beau soir l'univers se brisa.

Partie 1. (511-515)
Maman. Maman, elle est belle, elle ressemble aux anges qu’on voit dans les livres de contes. Quand elle vient me dire bonne nuit, le soir, elle a déjà défait son chignon et ses cheveux bruns et doux me tombent en cascade sur la figure. Je me noie dans leur odeur. Ma mère a une prestance, une empreinte, quelque chose qui fait qu’on ne voit qu’elle lorsqu’on entre dans une pièce. C’est vrai. C’est Papa qui me l’a dit un jour, en me prenant dans ses bras alors qu’elle était au piano : « Elle est belle ta mère, pas vrai ? »
Papa est fier d’elle et tout le monde l’aime, mais voilà, ça ne lui suffisait pas. Elle ne veut plus de nous, de moi. Maman ne veut plus nous voir et nous partons… j’ai perdu ma mère. Je ne comprends pas très bien. Papa est triste, Teddy est grave… et moi c’est comme si on lui m’avait déchiré l’intérieur du corps.
Je me cache à la nurserie, sous mon lit, je cache mes yeux entre mes mains pour ne pas voir les malles qu’on fait partout. Voilà, mes robes, mes jouets, emballés. Où allons-nous ? Maman, donne-moi un baiser, embrasse-moi sur le front et fais-y couler ta chevelure de reine. Je la guette de mon lit, tous les soirs. Parfois elle ne vient pas et je crie dans mon oreiller. Et lorsqu’elle franchit le seuil de la pièce, qu’elle se penche sur moi, je vois des cernes sous ses beaux yeux et qu’elle ne me regarde pas, pas vraiment.
Papa est triste, Teddy est grave… et je saigne de dedans.

La mer. Les vagues se gonflent à l’horizon – de l’eau, de l’eau, de l’eau partout autour. J’avais l’habitude de voir la mer par la petite lucarne de la nurserie, en montant sur le fauteuil lorsque Sue avait le dos tourné (elle me grondait toujours, en se retournant, et je pouvais être sûre d’être privée de dessert) mais jamais autant. De penser à Sue, ça me donne envie de pleurer, parce que quand même, elle va me manquer.
Papa ne le sait pas, mais je les ai entendus, tous les deux, quand il lui a demandé si elle voulait nous accompagner dans la nouvelle maison. Elle a dit : Mr Rosenberg, malgré toute l’affection que je vous porte, à vous et aux petits, non, ça jamais. Quelque chose dans ce genre. Je ne me souviens pas très bien.
Le vent me fouette le visage. Des mèches folles s’échappent de mon bonnet et je n’ose pas sortir les mains de mon manchon pour les remettre en place. Sue m’aurait tancée vertement, mais je suis si petite ! Personne ne peut y voir de mal.
Je regarde l’horizon, fascinée par toute cette eau autour de nous, incapable de faire un simple geste.
Sue m’a habillée pour la dernière fois ce matin, et j’ai regardé pour la dernière fois par la lucarne de la nurserie. Maman m’a embrassée. C’était un baiser doux et chaud. Elle n’est pas venue, elle non plus, et je sais très bien pourquoi.
Mais je ne veux pas y penser, pas me souvenir de tous ces cris, de toutes ces scènes entre Papa et elle. Je ne veux que voir les vagues et entendre leur chant – pour oublier mes larmes.

Crier et rire, rire jusqu’aux larmes. Mais voilà, je n’ai pas le droit de monter dans l’arbre du jardin. C’est strictement interdit, parce que c’est indécent, je dois remonter mes jupes et à tous les coups, je les salis, je les déchire et je redescends dans un état honteux.
Je voudrais courir dans toute la maison comme je le faisais avant, à Gondal, et je voudrais glisser sur un coussin dans les escaliers, et grimper aux arbres, et ne pas contrôler mon rire au salon.
Mais voilà. Je ne suis plus une petite fille, et certaines choses ne font pas.
Papa m’a giflée hier. Devant mon frère, devant la bonne, devant le maître d’hôtel. J’étais debout, droite devant lui, si petite par rapport à lui et lui si rouge ! Et j’ai baissé la tête et j’ai pleuré en silence, parce que ça fait mal et que c’est humiliant.
Puisque je n’ai plus le droit de me conduire comme un garçon, ni comme une petite folle, alors je jouerai leur jeu. J’obéirai. Puisque je n’ai plus le droit d’avoir les mêmes rêves qu’avant, de m’habiller en marin ou de chiper n’importe quel livre dans la bibliothèque, j’enfouirai tout ça.
La nuit, quand on m’envoie au lit, je me promène longuement dans ma chambre plongée dans le noir. Je me déguise en pirate et me roule sur mon lit, et j’étouffe mon rire dans l’oreiller, ce rire brillant, doré, vivant, incontrôlable.


Partie 2. (515-518)
Gentils coquelicots mesdames, gentils coquelicots. Penchée sur l’herbe, je cherche des fleurs, pâquerettes, boutons d’or, marguerites, tulipes, jonquilles et là, oh ! Une anémone ? Je lui tourne autour, je la regarde sans oser la toucher. Ça y ressemble un peu mais ça n’en n’est pas une, pas tout à fait. Les pétales sont trop fins.
Un coup d’oeil en arrière m’assure que je suis hors de vue du banc des bonnes. Elles sont toutes assises là, avec leurs tabliers propres, leurs bonnets blancs, et elles papotent, en oubliant de surveiller les enfants dont elles ont la charge. Ça m’arrange bien. En étouffant un soupir d’aise, je me laisse glisser dans l’herbe et poursuit mon exploration à quatre pattes. C’est tellement plus pratique.
Le pépiement des oiseaux sur ma tête se mêle aux gazouillement des enfants derrière moi, qui parlent, qui crient, qui rient en jouant à leurs jeux stupides. Cerceaux, course, billes. Quel ennui. Les jours pluvieux je tire le gros atlas de la flore de la bibliothèque, je m’installe dans le fauteuil et je regarde les gravures en essayant d’apprendre par coeur le nom de toutes les plantes. Et quand il fait beau, la bonne et moi devons aller en promenade, alors je la laisse sur son banc et m’éloigne mine de rien, et j’essaie de retrouver tout ce que j’ai appris.
Là, je ne sais pas. Je sens les rayons chauds du soleil tomber sur mon visage et autre chose, comme un regard lourd. Je relève la tête et aperçoit un garçon appuyé contre un arbre – un chêne.
« Tu sais ce que c’est, ça ? »
Je ne lui demande pas son nom, ni pourquoi il me regarde ou ce qu’il fait là, je lui demande s’il connaît le nom de la fleur mystérieuse et c’est le cas. Une asphodèle.
Si j’avais su jusqu’où cette simple question nous mènerait, de quelle amitié formidable elle serait le commencement, le nombre de mensonges qu’elle m’amènerait à raconter à mon père pour pouvoir sortir en cachette de la maison… je l’aurais posée quand même.
Et malgré cet épisode, trois ans plus tard.

Le feu dans mes poumons. Ça brûle un peu. Je cours à perdre haleine, en inspirant de grandes goulées d’air printanier, plus vite, toujours plus vite. Darius est derrière moi pour l’instant, mais il est capable de me rattraper très rapidement. Bien sûr… c’est plus facile de courir quand on n’a pas plusieurs jupes à relever et des chaussures toutes fines. Je saute par dessus une branche, pourvu que ma robe n’accroche pas ce buisson, non c’est bon, plus vite, plus vite, encore plus vite. Où a-t-il dit déjà, on fait la course jusque… jusqu’au taillis là-bas. Bien. J’y suis presque. Oublie la flamme qui te dévore les poumons, cours plus vite, accélère encore. Ça y est… j’ai gagné. Haletante et victorieuse, je me retourne, pour constater qu’il n’est pas à ma suite.
« Darius ? »
Je fouille le paysage à la recherche de son habit bleu et finit par le dénicher à au moins cinquante mètres de ma position. Ce n’est pas tout, il y a une foule de gens en uniformes qui l’entoure. Qu’est-ce que…
Peut-être que mon inconscient avait déjà eu des soupçons, avant ça, parce que d’un coup, comme par magie, un éclair jaillit dans mon esprit. Et je comprends. Darius ne s’appelle pas Darius parce que ce prénom a été mis à la mode par la naissance du prince la même année que nous. Il est le prince.
Il m’a menti pendant trois ans.

C’est arrivé un matin, alors que rien ne laissait le prévoir. Rien n’aurait pu préparer personne à cette nouvelle-là. Le télégramme avait un air solennel dans la main de Papa et c’est à cause de ce grain du papier que plus tard, je me suis dit que j’aurais du le voir venir. Mais le malheur est sournois. Il s’abat toujours sans prévenir. Quand je suis descendue de ma chambre, parce que la bonne venait de m’avertir qu’on me demande au salon, j’ai pensé que je devais aller dire bonjour à un invité imprévu. Preuve que c’est terrible, je n’ai même pas eu à aller jusqu’au salon. Papa et Teddy m’attendait au bas des escaliers et il n’ont pas beaucoup à parler avant que mes oreilles ne se mettent à bourdonner, ma tête à chavirer.
Il y a eu un incendie dans la maison à Haworth – quel malheur, Maman va bien ?
Ta mère est morte, Tess. Ta mère est morte.
Il y a eu un incendie dans la maison à Haworth et votre mère s’y trouvait, ils n’ont pas pu la sauver. Il y a eu un incendie dans la maison à Haworth et ma mère qui ne voulait plus de moi, est partie en poussière là-dedans.
Quand tu grandiras un peu plus, Tess, tu ne retourneras pas la voir et tu ne lui diras jamais à quel point elle t’a fait de mal ni combien tu ne l’admires. Elle m’a fait souffrir jusqu’au bout.
À présent que le coup est porté, je ne remarque pas leur teint pâle à tout deux ni la manière qu’à Teddy de serrer les poings à en avoir les jointures très blanches. Je me répète ces évènements dans le désordre et le monde se fait flou autour de moi et je rate la dernière marche parce que mes yeux sont embués.  


Partie 3. (520-529)
Les éclats des lustres se reflètent par milliers sur les vitres, les verres de cristal sur les buffets et les plateaux des laquais et les bijoux des dames. C’est mon premier bal et j’arrive à peine à être éblouie par tant de magnificence tant elle me paraît irréelle. À mon arrivée on m’a introduite dans la salle en annonçant Miss Theresa Rosenberg, comtesse d’Ehle, et j’avais l’impression que cette fille-là allait s’approcher pour me faire la révérence. Ça n’est pas moi. Pas moi qui porte des saphirs au cou et qui a salué la famille royale d’aussi près tout à l’heure. Pas moi.
Comme c’est aussi mon introduction à la cour ce soir, on m’a attribuée une marraine, qui n’a pas tardé à m’abandonner pour aller danser. C’est plutôt amusant de voir ce qui se passe dans l’oeil des gens quand ils font le rapport entre mon nom et l’usine de mon père. Ils ne s’y attendent pas.
Je refuse les coupes de champagne, voulant garder les idées claires, et les gâteaux proposés par les laquais robotiques qui circulent dans la salle de bal. J’accepte une fois d’aller danser avec un marquis d’un certain âge, absolument adorable, qui me dit bien connaître mon père. Ma deuxième invitation… je la refuse, mais il insiste au point que ça ferait scandale que de m’y opposer plus. Alors je le suis au centre de la salle parmi les autres couples, en entendant les chuchotements sur notre passage et je le laisse me prendre par la taille et me guider sur cette musique magique avec un dégoût grandissant. Darius… il n’a pas pu m’oublier, si ? À quoi joue-t-il alors ?
« Ça ne sert à rien, Votre Altesse. » J’appuie sur le titre avec un ton ironique en espérant qu’il comprenne ce dont je parle. Ça ne sert à rien de m’offrir le succès de danser avec le prince pour mon entrée à la cour, parce que derrière nos rangs il y a des personnes et que je me moque des honneurs et qu’altesse royale ou pas, je lui en veux toujours.
Stupide Tessa la rancunière.

C’est une erreur que de se disputer pendant le dîner. Ça vous coupe l’appétit juste avant le dessert. Lorsque Papa s’absente et que nous nous retrouvons seuls face à face, il arrive très souvent que le ton monte entre Teddy et moi et que nous nous adressions des mots durs. J’avoue que je joue parfois à le provoquer dangereusement. Mais bon sang, ce qu’il peut m’énerver avec ses idées préconçues, mâchées par d’autres et qu’il recrache toutes faites, et cette manière qu’il a de faire tinter sa cuillère contre le rebord de son assiette. Il garde les yeux fixés sur son potage mais quand il les relèvera, ce sera pour m’adresser un regard noir à me foudroyer sur place. Il y a quelque chose qui grossit en lui, qui devient énorme et emplit l’espace entre nous ; en huit lettres, jalousie. Lorsqu’il me dit de me taire, de ne pas faire la supérieure, je sais ce qu’il sous-entend et ça m’est insupportable. Il étouffe, il meurt de jalousie pour le fichu titre de Maman qu’il voulait et n’a pas eu, parce que ce sont les filles qui en héritent. Il maudit les règles de Gondal et me déteste, moi, sa petite sœur, de mépriser ce qu’il convoitait tant. Pauvre Teddy.
J’attends, fascinée, le regard noir.

L’odeur de violette de l’encre fraîche m’est restée dans les narines. Je me souviens encore de cette folie furieuse qui m’avait poussée à taper encore et encore sur la machine à écrire, à raturer et reprendre inlassablement chaque phrase. J’ai étalé un bout de mon âme sur une feuille de papier par un après-midi, puis j’ai commis plus grave. Je l’ai signé d’un nom inventé, d’un nom créé de toute pièce à partir de ceux de héros de trois romans différents, j’ai pris une enveloppe et j’ai glissé mon article à l’intérieur avant de l’adresser au comité de rédaction du Blackwood’s young men’s magazine. Rien que ça. C’est la première fois que je vais aussi loin dans mon envie de dire, de crier les choses.
Voilà ce à quoi ça aboutit. À mon faux nom imprimé en beaux caractères au bas d’une page de journal et à tous mes mots arrangés en colonnes juste au-dessus. Le comité m’envoie ses lettres au bureau de poste et je vais les chercher en mettant un grand chapeau et en aggravant ma voix.
Je connais par coeur le contenu de la dernière.
« À Mr T. Winstone, vous trouverez ci-joint le règlement de votre dernier article. Le Blackwood’s young men’s magazine serait ravi que vous lui fassiez parvenir vos prochains écrits en vu d’une éventuelle parution. Bien à vous, blablabla. »


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